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Un outil doux, à remplir seul ou avec quelqu'un

Le Deuilmètre

« L'Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé. » — Psaume 34.19

≈ 15 min · à faire en plusieurs fois si tu veux

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FREN← Sommaire · Outil pour la personne en deuil (le pasteur peut le remettre)

Ceci n'est pas un test et ne se note pas. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de faire son deuil. C'est un miroir doux : t'aider à voir où tu en es aujourd'hui, à prendre soin de toi, et à reconnaître les moments où il est sage de demander de l'aide. Ce papier est à toi. Tu n'as à le montrer à personne — pas même à celui qui te l'a donné. Personne ne viendra le relire, personne ne le notera. Réponds pour toi, pas pour bien répondre.

Coche ce qui est vrai pour toi, en ce moment. Ça peut changer d'une semaine à l'autre — c'est normal.

Voir ce que ça me dira →

Avant de commencer — est-ce que cet outil est pour toi ?

Il suppose une mort que ton entourage reconnaît : on t'a présenté des condoléances, il y a eu un cercueil, une cérémonie, des gens qui sont venus.

Il y a des deuils dont personne ne parle. Une grossesse arrêtée. Un enfant qu'on n'a pas vu naître. Un suicide qu'on tait. Une relation cachée, un ex-conjoint, un proche qu'on ne t'a pas donné le droit de pleurer. Un parent qui est encore là mais qui ne te reconnaît plus.

Si c'est ton cas, cet outil n'est pas fait pour toi — il compte le temps comme si le monde autour de toi avait pleuré avec toi. Or il ne l'a pas fait, et c'est ça, la blessure.

Ta douleur a le droit d'exister. Le silence des autres n'est pas un verdict sur elle. Parle à ton pasteur, et demande-lui la fiche « Le deuil qu'on ne nomme pas ». Elle a été écrite pour toi.

C'est arrivé il y a combien de temps ?

Une seule chose permet de lire tout le reste : le temps écoulé. Touche ce qui est vrai.

Quelques jours
Quelques semaines
Un à trois mois
Trois à six mois
Six mois à un an
Un à deux ans
Deux à cinq ans
Plus de cinq ans
Plusieurs pertes, coup sur coup
Mouvement 1

Ce que tu coches reste sur cet appareil. Rien n'est envoyé, rien n'est lu par personne — ni par ton pasteur, ni par nous. Tu retrouveras tes réponses en revenant sur cette page, même dans plusieurs semaines. Si tu partages ce téléphone, appuie sur « Tout effacer » en bas quand tu as fini.

Me situer aujourd'hui

Six questions, sans lien entre elles. Sur chacune, touche la réponse la plus proche de ta réalité d'aujourd'hui.

Mon sommeil
Très perturbé
Irrégulier
À peu près
Mon appétit / mon corps
Je me néglige
En dents de scie
Je tiens le cap
Mon énergie
Épuisé(e)
Par vagues
Présente
Les larmes / l'émotion
Ça déborde
Ça va et vient
Plus apaisé
Le lien aux autres
Je m'isole
Un peu retiré
Entouré(e)
Le « si seulement »
Ça me ronge
Ça revient par moments
Je m'en veux moins
Sur le « si seulement ». Après une mort subite, un accident ou un suicide, presque tout le monde se dit : « j'aurais dû voir », « si j'avais été là ». Ce n'est pas la vérité qui parle — c'est la douleur qui cherche un coupable, et qui te choisit. Tu n'avais pas les informations que tu as aujourd'hui. Dis-le à quelqu'un : la culpabilité qu'on garde pour soi grossit.
Regarde simplement : qu'est-ce qui est lourd en ce moment ? Qu'est-ce qui, au contraire, te porte ? On apprend de ses forces autant que de ses peines.
Mouvement 2

Ma foi, ma prière — en ce moment

Cette ligne n'a pas de bon ni de mauvais côté. Elle ne se range pas dans un tableau. Touche ce qui est vrai aujourd'hui.

Je crie, ou je me tais

Je suis en colère contre Dieu. Ou vide, sans mots, sans envie de prier.

Je cherche mes mots

Je prie encore, mais autrement. Ça sonne creux, ou ça sort en désordre.

Elle me porte

Ma foi tient, même fatiguée. Elle est un appui en ce moment.

Si tu es en colère contre Dieu : tu n'es pas dans la mauvaise case.
Sur la croix, Jésus a crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Se plaindre à Dieu n'est pas un péché. Les psaumes en sont pleins. Personne n'a le droit de te demander d'arrêter.

Et si tu penses : « on a prié, et il est mort — je n'ai pas eu assez de foi » :
À Gethsémané, le Christ a prié pour que la coupe passe. Elle n'est pas passée. Sa foi était parfaite. Une prière non exaucée ne prouve aucun manque de foi. Tu n'as pas échoué. Repose ce fardeau : il n'était pas à toi.

Et si ça dure ? Si cette colère, ou ce vide, s'installe et te coupe de Dieu et des autres — ce n'est toujours pas un péché. Mais ne reste pas seul avec. La recherche le montre : une lutte spirituelle qu'on garde pour soi a tendance à s'aggraver, et à peser sur le moral. Celle qu'on confie à quelqu'un d'accueillant, non. Parle-en à ton pasteur, ou à une personne de confiance. Pas pour qu'on te corrige — pour que tu ne portes pas ça seul.

Mouvement 3

Ma façon de vivre le deuil

Les gens ne pleurent pas tous de la même manière (d'après K. Doka). Aucune façon n'est meilleure. Touche celle qui te ressemble le plus.

Plutôt « cœur »

Je ressens et j'exprime beaucoup : larmes, besoin de parler, émotions fortes.

Plutôt « tête / mains »

Je vis mon deuil en agissant, en réfléchissant, en faisant : on peut me croire froid, à tort.

Un mélange

Un peu des deux, selon les jours et les moments.

Ce qui aide, selon toi : si tu es « cœur », donne à tes émotions un lieu sûr (une personne, un carnet, la prière). Si tu es « tête/mains », honore le deuil à ta manière — un acte, une tâche, un projet en mémoire — sans te forcer à pleurer sur commande. Personne n'a à te dire comment « bien » pleurer.
Mouvement 4

Prendre soin de moi

Le deuil pèse aussi sur le corps. Ne coche qu'une seule ligne : celle qui te semble possible cette semaine. Une seule. Pas sept.

Tu n'as pas à tout tenir. Un seul pas, tenu, vaut mieux que sept résolutions. La semaine prochaine, tu en choisiras peut-être un autre — ou le même. C'est très bien aussi.
Mouvement 4 bis

Si la mort a été soudaine ou violente

Ne lis ce bloc que s'il te concerne. Accident, suicide, meurtre, mort brutale, un corps qu'on n'a pas pu voir — le corps garde ce que la tête n'arrive pas à dire. Si la mort est venue doucement, passe au mouvement suivant : ces lignes ne sont pas pour toi, et n'y voir aucun signe ne veut rien dire de mal.

Ce que ça veut dire — et ce que ça ne veut pas dire. Ce n'est ni de la folie, ni un manque de foi. C'est ce que fait un corps humain après un choc : il reste en alerte, longtemps après que le danger soit passé. Dans les premières semaines, c'est normal.

Mais si, après un mois ou deux, plusieurs de ces lignes tiennent encore et t'empêchent de vivre — parles-en à un médecin. Ce n'est pas du deuil qu'il s'agit alors : c'est une blessure du corps et de la mémoire, et elle se soigne. Prier ne remplace pas ce soin — cela l'accompagne.
Mouvement 5

Les signes qui invitent à demander de l'aide

Demander de l'aide n'est pas un échec ni un manque de foi — c'est un acte de courage et de sagesse. Certains signes disent qu'il est temps.

À surveiller — parles-en

  • une douleur qui, après plusieurs mois, ne desserre jamais son étreinte et t'empêche de reprendre la vie ;
  • un isolement qui s'installe, plus aucune joie possible, un engourdissement qui dure ;
  • des symptômes physiques persistants (fais-les voir par un médecin) ;
  • le sentiment qu'une part de toi est morte, ou l'impossibilité d'accepter la perte.

Si la nuit devient trop lourde, j'appelle :

Une personne réelle. Une qui décrochera.

Écris-le maintenant, pendant que c'est calme. Pas cette nuit-là. La nuit où ça ira mal, tu n'auras pas la force de chercher — et c'est précisément la nuit où ce nom compte. Prévenir la personne, aussi : dis-lui simplement que tu as écrit son nom ici.

Sans attendre : si tu as des pensées noires, l'envie de te faire du mal, ou si tu tiens debout grâce à l'alcool ou aux médicaments — ne reste pas seul(e) avec ça. Parle aujourd'hui à un proche de confiance, à ton pasteur, à un médecin, un psychologue ou une ligne d'écoute. Tu n'as pas à porter ça seul(e).
Si tu es en danger maintenant, appelle. C'est gratuit, et on te répondra.

3114Numéro national de prévention du suicide — gratuit, 24 h/24, 7 j/7, France et Outre-mer. On y répond des soignants formés à l'écoute. Tu peux appeler pour toi, ou pour quelqu'un.

15 · 112SAMU, ou urgences européennes — si le danger est immédiat.

Hors de France, note ici les numéros de ton pays, dès aujourd'hui — pas le jour où tu en auras besoin :
________________________________________
Ce que tu viens de dire

Où tu en es

Ce n'est pas une note. Ce ne sont pas des points. Ce sont tes mots, remis dans l'ordre.

Ici apparaîtront tes réponses, remises en ordre.
Remonte, réponds à ce qui te parle — même à une seule chose — et reviens. Rien ne s'affiche tant que tu n'as rien dit.

Rien de tout ceci n'a été additionné, comparé, ni envoyé où que ce soit. Personne n'a de score sur toi — surtout pas cet outil.

Suggestion