Entrer, s'asseoir, écouter. La parole et la prière viennent après — et savoir partir fait partie de savoir visiter.
La tentation du visiteur, c'est de meubler : rassurer vite, enseigner, prier pour clore. Résiste. Assieds-toi et écoute — vraiment, longtemps. La personne t'a ouvert la porte de sa maison ; elle ne t'ouvrira celle de son cœur que si elle sent que tu ne cours pas ailleurs. Baxter, qui visitait maison par maison tout Kidderminster, disait qu'on enseigne mieux un cœur qu'on a d'abord entendu.
Une fois qu'on t'a parlé, une parole peut venir : une Écriture, pas un chapitre ; une phrase, pas un discours. Le bon mot est court, ajusté à cette personne-là, ce jour-là. Si tu ne sais pas quoi dire, ne remplis pas : « je n'ai pas de réponse, mais je suis là » vaut mieux qu'une belle phrase creuse.
Propose la prière, ne l'impose pas (« veux-tu qu'on prie ? »). Prie pour cette personne, en reprenant ce qu'elle vient de te confier, avec ses mots à elle — pas une formule interchangeable. Une prière courte et habitée console plus qu'une longue et générale.
La visite a une durée juste, et elle est plus courte qu'on ne croit. La visite qui s'éternise épuise et finit par lasser. Pars pendant qu'on souhaite encore que tu restes, pas quand on attend que tu partes. Un départ net, une parole de bénédiction, et tu laisses la maison à sa paix.
Tout ce qui s'est dit chez la personne reste chez la personne. Une confidence n'est pas une anecdote à repartager, même « pour prier », même à ton conjoint. Le jour où la communauté apprend qu'une confidence est ressortie de chez toi, plus personne ne t'ouvre son cœur. (Voir la fiche « L'éthique de la visite ».)
Une visite complète tient en six gestes — non pas une liste à cocher, mais un cadre pour que rien d'essentiel ne manque.
D'après J. Arrais, « Wanted: A Good Pastor » (Association pastorale, Conférence Générale, 2011), ch. 8.