Le malade, l'endeuillé, le membre qui s'éloigne, celui qui ne veut pas qu'on vienne. Chaque porte demande une entrée différente.
Au chevet, tu n'apportes pas la guérison : tu apportes la présence de Dieu. Écoute, tiens la main si elle est tendue, prie court. L'adventisme pratique l'onction des malades comme ordonnance, fondée sur Jacques 5.14 : « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Église. » Elle se propose, elle ne s'impose pas — et jamais comme un dernier sacrement : c'est un acte de foi pour le vivant. Ne promets jamais la guérison immédiate.
La foule part vite ; l'endeuillé reste seul. La visite pastorale commence souvent là où l'enterrement finit : revenir, veiller, ne pas laisser le silence s'installer. Tout ceci a son propre parcours — la fiche « Accompagner après les funérailles » donne le calendrier (J+7, mois 1, 3, 6, 12) et les signaux d'alerte. Ne réinvente pas ici ce qui est déjà là : renvoie-toi au corpus funérailles.
Quelqu'un vient moins, puis plus du tout. La visite est la prévention même de l'éloignement : aller vers lui pendant qu'il est encore joignable, pas six mois trop tard. Sans reproche (« on ne te voit plus »), sans convocation. Simplement : tu nous manques, comment vas-tu ? Souvent, derrière l'absence, il y a une blessure que personne n'a demandée.
Certains ne veulent pas qu'on vienne — emploi du temps saturé, méfiance, foyer fermé. Respecte-le. N'entre pas de force dans une vie qui ne t'ouvre pas. Laisse une porte : un mot, une disponibilité offerte, un « quand vous voudrez ». La visite refusée aujourd'hui prépare parfois celle qu'on acceptera dans deux ans. La patience est une forme de respect.
Le temps manque toujours ; les priorités évitent de visiter au hasard. Arrais nomme sept groupes qui appellent l'attention en premier.
D'après J. Arrais, « Wanted: A Good Pastor » (Association pastorale, Conférence Générale, 2011). Ch. 8.